Formation gestion des troubles du comportement chez la personne âgée (21 h) : repérer, comprendre et agir en EHPAD

En EHPAD et en structures médico-sociales, les troubles du comportement chez la personne âgée peuvent bouleverser le quotidien : cris, déambulation, agressivité, refus de soins, désinhibition, idées délirantes, hallucinations, apathie… Ces situations sont rarement « gratuites » : elles sont souvent l’expression d’un besoin, d’une douleur, d’une anxiété, d’un environnement inadapté ou encore d’une évolution neurodégénérative.

L’enjeu, pour les équipes, n’est pas seulement de « gérer une crise », mais de construire une réponse cohérente, durable et partagée. Une formation proposée par ideage-formation.com, ciblée de 21 h (3 jours), permet de structurer les pratiques, d’améliorer l’évaluation et de renforcer les stratégies non médicamenteuses, tout en sécurisant la qualité de vie du résident et celle des professionnels.


Pourquoi se former aux troubles psycho-comportementaux en gériatrie ?

Les troubles psycho-comportementaux ont un impact direct sur :

  • La sécurité: prévention des situations d’agressivité, limitation des risques de chute liés à l’agitation ou à la déambulation.
  • La qualité de vie: mieux comprendre, c’est mieux apaiser et préserver la dignité de la personne.
  • La qualité du soin: réduire les refus, fluidifier les toilettes et les soins techniques, renforcer l’alliance relationnelle.
  • La cohésion d’équipe: parler le même langage, transmettre des observations utiles, éviter les interprétations hâtives.
  • La relation avec les proches: mieux expliquer, mieux impliquer, renforcer la continuité des repères.

Une formation efficace aide à transformer des situations perçues comme « ingérables » en situations analysables, partageables et améliorables.


Pour qui est cette formation de 21 h (3 jours) ?

Cette formation s’adresse aux professionnels intervenant auprès de personnes âgées présentant des troubles du comportement, notamment dans le cadre des démences. Elle est conçue pour être immédiatement utile sur le terrain.

  • Public: professionnels en EHPAD et structures médico-sociales (soignants, accompagnants, équipes hôtelières en interaction avec les résidents, encadrement de proximité, etc.).
  • Pré-requis: aucun. La progression pédagogique part des situations concrètes rencontrées par les participants.
  • Format: 21 h sur 3 jours.
  • Groupe: 14 personnes maximum pour favoriser l’échange, les études de cas et les mises en situation.

Objectifs : ce que les participants savent faire à l’issue des 3 jours

La formation vise des compétences directement mobilisables :

  • Définir ce qu’est un trouble du comportement et distinguer comportement, symptôme et contexte.
  • Repérer les principaux troubles chez la personne âgée (cris, agressivité, apathie, désinhibition, déambulation, idées délirantes, hallucinations, refus de soins…).
  • Analyser les causes possibles (neurodégénératives, psychiatriques, somatiques, iatrogènes, environnementales, institutionnelles).
  • Évaluer un trouble de manière structurée : nature, chronologie, déclencheurs, fréquence, intensité, impact.
  • Adapter la prise en soins via le projet d’accompagnement personnalisé, l’histoire de vie et l’implication des proches.
  • Mettre en œuvre des stratégies non médicamenteuses (environnement, communication, activités ciblées, outils relationnels).

Comprendre les troubles du comportement : de quoi parle-t-on exactement ?

Un trouble du comportement correspond à une manifestation observable (verbalisation, geste, opposition, agitation, retrait…) qui devient problématique par son intensité, sa fréquence, son caractère inhabituel ou son impact sur la personne et son entourage.

En gériatrie, ces troubles peuvent s’inscrire dans :

  • une démence ou une autre pathologie neurodégénérative, avec des troubles cognitifs et une altération des repères ;
  • une pathologie psychiatrique (dépression, état anxieux, décompensation délirante…) ;
  • un déséquilibre somatique (douleur, infection, déshydratation, constipation, etc.) ;
  • une interaction avec l’environnement (bruit, surstimulation, changement d’équipe, chambre, rythme de soin) ;
  • des contraintes institutionnelles et pertes (autonomie, intimité, habitudes, rôles sociaux).

L’approche la plus efficace consiste à considérer le trouble comme un signal: il indique que quelque chose ne va plus dans l’équilibre « personne – corps – environnement – relation ».


Panorama des manifestations abordées pendant la formation

La formation couvre les troubles fréquemment rencontrés en EHPAD et en structures médico-sociales, avec leurs spécificités chez la personne âgée :

  • Idées délirantes (convictions erronées vécues comme vraies) et leur retentissement relationnel.
  • Hallucinations (perceptions sans stimulus) et stratégies de communication rassurantes.
  • Agitation / agressivité (verbale, gestuelle), gestion de crise et prévention.
  • Dépression / dysphorie: humeur, plaintes, perte d’élan.
  • Apathie / indifférence: retrait, ralentissement, baisse d’initiative.
  • Désinhibition: conduite sociale inadaptée (ex. se déshabiller en public), avec une lecture non jugeante.
  • Comportements moteurs aberrants: déambulation, gestes répétitifs, errance, manipulation d’objets.
  • Refus de soins: opposition, anxiété, pudeur, incompréhension, expériences antérieures.
  • Cris: appels, angoisse, douleur, solitude, trouble neurocognitif, surcharge sensorielle.

Analyser les causes : l’approche globale qui change tout

Le point fort d’une formation orientée terrain est de donner un cadre d’analyse reproductible. Plutôt que de répondre uniquement au symptôme, l’équipe apprend à investiguer les causes fréquentes, notamment :

1) Causes neurodégénératives (notamment démences)

Les troubles peuvent être liés à la désorientation, aux troubles du langage, aux difficultés à interpréter l’environnement, à la peur, ou à une mauvaise tolérance à la frustration.

2) Causes psychiatriques

Dépression, anxiété, épisodes délirants, aggravation d’un trouble existant : repérer les signes et savoir quand alerter, tout en adaptant la posture relationnelle.

3) Causes somatiques et métaboliques

Un même comportement peut masquer un inconfort ou une urgence clinique. La formation met l’accent sur des causes fréquentes :

  • Douleur (souvent sous-exprimée ou atypique).
  • Déshydratation et déséquilibres métaboliques.
  • Troubles urinaires et digestifs (dont constipation, fécalome).
  • Dénutrition et fatigue.
  • Problèmes cardiaques et essoufflement pouvant majorer l’angoisse.

4) Facteurs médicamenteux : iatrogénie et médicaments confusiogènes

Certaines molécules peuvent favoriser confusion, agitation ou somnolence, et certaines interactions peuvent déséquilibrer un résident fragile. Savoir repérer une possible dimension médicamenteuse aide à mieux collaborer avec le médecin et le pharmacien.

5) Facteurs environnementaux et institutionnels

Changements récents, instabilité, bruit, lumière, rythme imposé, manque de repères, stress, contraintes… Une adaptation de l’environnement et des routines peut réduire significativement les troubles, parfois sans autre intervention.

6) Facteurs relationnels et organisationnels

Des difficultés de transmission, un message contradictoire entre professionnels, ou une communication non adaptée peuvent alimenter l’insécurité de la personne âgée. La formation valorise les pratiques de communication professionnelle et le travail en équipe.


Évaluer un trouble du comportement : la méthode en 6 questions

Pour passer d’une impression (« il est difficile ») à une observation utile (« il se passe quelque chose »), la formation propose une démarche d’évaluation structurée, réutilisable en équipe :

  1. Quoi ? Identifier précisément le trouble (cris, opposition, gestes, propos, errance…).
  2. Depuis quand ? Rechercher la chronologie: apparition récente, aggravation progressive, fluctuations.
  3. À cause de quoi ? Explorer les facteurs déclenchants (soin, moment de la journée, interactions, environnement).
  4. Combien de fois ? Mesurer la fréquence.
  5. À quel niveau ? Estimer l’intensité.
  6. Quel impact ? Sur la personne, les autres résidents, les professionnels, les proches.

Ce cadre permet d’objectiver la situation et de guider des actions ciblées, plutôt que d’empiler des réponses générales.


Focus outil : NPI-ES et intérêt de la pluridisciplinarité

Dans le contexte des démences et de certains troubles psychiatriques, l’évaluation gagne en précision grâce à des outils partagés.

La formation aborde notamment l’inventaire neuropsychiatrique version équipe soignante (NPI-ES), utilisé pour structurer l’observation des symptômes (type, gravité, retentissement) et faciliter le suivi.

Le bénéfice est double :

  • Pour le résident: une prise en charge plus ajustée, moins d’essais-erreurs.
  • Pour l’équipe: des transmissions plus fiables, un langage commun, une cohérence des réponses.

La formation insiste aussi sur la pluridisciplinarité: croiser les regards (soin, animation, hôtellerie, psychologue, IDEC, médecin, rééducateurs) améliore la compréhension globale et renforce l’efficacité des plans d’action.


Adapter la prise en soins : du « faire face » au « prévenir durablement »

Une fois le trouble repéré et évalué, la formation met l’accent sur l’adaptation de la prise en soin pour limiter l’apparition ou l’aggravation des manifestations.

Le projet d’accompagnement personnalisé

La démarche vise à rendre le quotidien plus prévisible, plus sécurisant et plus respectueux des habitudes.

  • Recueil de l’histoire de vie: habitudes, peurs, valeurs, routines, événements marquants.
  • Repères individualisés: rituels, objets, choix de vêtements, organisation de la chambre.
  • Objectifs réalistes: favoriser l’autonomie possible et la participation au soin.

L’implication de la famille et des proches

Impliquer l’entourage proche permet souvent de :

  • mieux comprendre les déclencheurs (pudeur, vécu traumatique, habitudes culturelles) ;
  • renforcer les repères identitaires ;
  • améliorer l’adhésion au projet d’accompagnement.

Attitudes relationnelles : ce qui apaise (et ce qui évite d’envenimer)

La communication est un levier majeur, notamment en cas de troubles neurocognitifs. La formation distingue les attitudes à éviter et celles à privilégier au quotidien.

Attitudes à éviter

  • Infantiliser (ton, vocabulaire, posture) : cela peut déclencher opposition ou agressivité.
  • Manquer d’empathie ou minimiser (« ce n’est rien ») : la personne se sent incomprise.
  • Juger: augmente la honte, la colère ou le repli.
  • Manquer d’attention ou aller trop vite : risque de sursaut, de peur, de réaction défensive.
  • Se positionner en rapport de force: escalade possible, surtout lors d’un refus de soins.

Attitudes à favoriser

  • Valider le vécu et reconnaître l’émotion, même si le contenu paraît incohérent.
  • Rassurer par le verbal et le non verbal (ton calme, distance adaptée, gestes annoncés).
  • Inviter à collaborer pendant le soin : redonner du contrôle, proposer des choix simples.
  • Adapter la communication aux personnes démentes : phrases courtes, consignes une à une, repères concrets.

Stratégies non médicamenteuses : des solutions concrètes et immédiatement transposables

La formation accorde une place importante aux interventions non médicamenteuses, souvent déterminantes pour réduire la fréquence et l’intensité des troubles.

Adapter l’environnement

  • Réduire la surstimulation (bruit, passages, télévision) dans les moments sensibles.
  • Renforcer les repères (signalétique simple, routines, éclairage adapté).
  • Travailler le confort (température, vêtements, douleur, hydratation, toilettes).

Animations ciblées et interventions brèves

Des formats courts et personnalisés peuvent avoir un effet apaisant : activités « flash », stimulation adaptée, moments relationnels sécurisants.

La poupée d’empathie (dans le cadre de la démence)

Utilisée avec discernement et respect, la poupée d’empathie peut soutenir l’apaisement, l’occupation et l’expression émotionnelle chez certaines personnes vivant avec des troubles neurocognitifs.

Construire un répertoire d’actions d’équipe

L’objectif est de disposer d’un panel de réponses graduées, cohérentes et partagées, plutôt que de dépendre uniquement de l’urgence ou de l’improvisation.


Savoir réagir selon les situations : exemples de conduites à tenir travaillées en formation

Idées délirantes et hallucinations : rassurer sans confronter

  • Ne pas juger et éviter la moquerie ou l’ironie.
  • Ne pas nier brutalement ce que la personne dit vivre.
  • Demander des explicitations et laisser décrire.
  • Rassurer et chercher des solutions de confort et de sécurité.

Agressivité : prévenir, se protéger, puis débriefer

La formation différencie des approches selon que l’état mental est altéré (démence) ou non, et insiste sur :

  • la communication verbale et non verbale adaptée ;
  • la mise en sécurité ;
  • l’analyse post-événement (transmissions factuelles, sans jugement) ;
  • le travail en équipe pour éviter la répétition.

Refus de soins : explorer avant d’insister

Le refus peut refléter douleur, anxiété, pudeur, incompréhension, vécu antérieur, ou une approche trop rapide. Les participants apprennent à :

  • explorer l’origine somatique ;
  • prendre en compte les facteurs psychiques (angoisse, dépression) ;
  • ajuster le contexte (moment, soignant référent, explications, choix) ;
  • mettre en place une réflexion éthique en équipe pluridisciplinaire.

Cris et troubles « bruyants » : comprendre la fonction du symptôme

Les cris peuvent être un appel, une douleur, une peur, une confusion, un besoin de lien. La formation propose des pistes d’interventions non médicamenteuses et un cadre d’observation.

Apathie et repli : repérer les troubles « silencieux »

La formation valorise l’observation quotidienne : l’apathie n’est pas anodine. Savoir ajuster la stimulation, éviter la sur-sollicitation et soutenir l’engagement relationnel fait partie des compétences clés.


Une pédagogie active : apprendre sur des cas réels pour des résultats rapides

Pour ancrer les compétences, la formation combine plusieurs modalités pédagogiques :

  • apports théoriques structurés ;
  • brainstormings et questionnements collectifs ;
  • études de cas apportées par les participants et le formateur ;
  • analyse des pratiques professionnelles ;
  • supports vidéo ;
  • mises en situation et jeux de rôle.

Cette approche permet aux équipes de repartir avec des formulations, des attitudes et des plans d’action directement transposables dès le retour en service.


Exemples de résultats observés sur le terrain (retours d’expérience)

Les effets positifs d’une montée en compétences se constatent souvent très vite, notamment quand l’équipe s’aligne sur une méthode d’observation et des réponses cohérentes.

Cas 1 – Refus de toilette répétés: après analyse des déclencheurs (moment, pudeur, température, fatigue), l’équipe a adapté le rituel (horaire, explications courtes, choix proposés, respect de l’intimité). Résultat : davantage d’adhésion et un climat relationnel apaisé.

Cas 2 – Déambulation et agitation en fin de journée: l’observation a mis en évidence une surstimulation environnementale et un besoin de repères. En ajustant l’éclairage, en proposant une activité brève ciblée et en harmonisant les transmissions, l’équipe a réduit les épisodes d’agitation et amélioré le confort du résident.

Cas 3 – Cris nocturnes: l’évaluation a orienté vers des facteurs somatiques et anxieux. La coordination pluridisciplinaire a permis d’ajuster la prise en charge (repérage de l’inconfort, rituels rassurants, communication adaptée). Résultat : une diminution des cris et une meilleure récupération pour le résident et l’unité.


Programme en un coup d’œil

BlocContenuBénéfices terrain
Définir et repérerTroubles psycho-comportementaux chez la personne âgée : idées délirantes, hallucinations, agitation/agressivité, apathie, désinhibition, comportements moteurs aberrants, cris, refus de soinsRepérage plus fiable, vocabulaire commun, premières pistes d’action
Comprendre les causesDémences et pathologies neurodégénératives, causes psychiatriques, facteurs somatiques, médicaments confusiogènes, environnement, pertes et contraintes institutionnellesMoins d’interprétations hâtives, analyse plus clinique et plus humaine
Évaluer et agirDémarche d’analyse (quoi, depuis quand, déclencheurs, fréquence, intensité, impact), outils dont NPI-ES, pluridisciplinarité, adaptation du projet d’accompagnement personnalisé, stratégies non médicamenteuses, attitudes relationnellesPlans d’action cohérents, prévention, réduction des crises, meilleure qualité de vie

Ce que l’établissement gagne : un investissement à fort impact

Former un groupe de 14 professionnels maximum pendant 3 jours peut générer des bénéfices concrets :

  • Des équipes plus sereines: moins d’impuissance, plus de stratégies, plus de cohérence.
  • Une meilleure continuité des prises en charge: observations structurées, transmissions plus utiles.
  • Une prévention renforcée: repérage précoce des facteurs déclenchants, ajustements rapides.
  • Un accompagnement plus individualisé: histoire de vie, projet personnalisé, alliance avec les proches.

Au-delà des techniques, cette formation renforce une culture commune : voir le trouble du comportement non comme une fatalité, mais comme un phénomène compréhensible, évaluable et modulable grâce à une prise en soin ajustée.


À retenir

  • Les troubles du comportement chez la personne âgée ont des causes multiples : neurodégénératives, psychiatriques, somatiques, médicamenteuses, environnementales et relationnelles.
  • Une démarche structurée d’observation et d’évaluation (dont le NPI-ES) permet d’agir avec précision.
  • Le cœur de l’efficacité repose sur l’adaptation de la prise en soins (projet personnalisé, histoire de vie, famille), la communication et les stratégies non médicamenteuses.
  • En 21 h, une équipe peut gagner en compétences, en cohésion et en qualité d’accompagnement, avec des résultats visibles au quotidien.

Cette formation s’inscrit dans une logique très opérationnelle : comprendre, évaluer, ajuster, et surtout redonner aux professionnels des repères concrets pour accompagner des situations complexes avec plus d’efficacité et plus de sérénité.